RÉSULTATS DE L'ENQUÊTE

Une  expérience globalement positive

238 personnes ont répondu à cette étude menée pendant le confinement.


Pour replacer le contexte de cette recherche dans son ensemble plus global, je tiens à mettre en exergue la solidarité qui émerge très souvent des  retours et qui se traduit régulièrement dans les notations : certains s’excusent presque de vivre bien cette période et accompagnent leurs commentaires positifs de mentions plus négatives par souci de ceux qui souffrent de la situation.


Cette expérience de confinement semble néanmoins globalement positive pour 60% …. Et notamment pour 2/3 des femmes contre seulement la moitié des hommes.


Diverses explications de cette différence de vécu apparaitront au cours de l’analyse

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1 - LE TEMPS

« Du temps pour travailler sereinement, du temps pour lire, du temps ... »

Malgré une partie de télétravailleurs débordée par la présence constante et intrusive du travail dans leur intimité, le coronavirus a tout d’abord, et pour une large majorité, donné du temps.


Temps de travail ou temps de transport, ce nouveau temps disponible a été un peu intimidant au début. Par peur de l’ennui beaucoup ont rangé, nettoyé, bricolé, cuisiné, bêché, planté, parcouru les médias sociaux ; mais peu à peu chacun s’est apprivoisé et l’a réattribué dans le calme avec la lecture, les films, la musique, la peinture, le sport, la gym, les échanges avec les proches et les moins proches avec qui on reprend - enfin- contact.


Ce temps qui s’arrête pour tout le monde, y compris pour ceux (et surtout celles)* qui sont habituellement débordé(e)s, permet de mettre en lumière sa valeur tellement fondamentale qu’elle gagnerait à être revalorisée.

Ce temps qui est notre seule richesse - et donc si précieux - derrière lequel on avait pris l’habitude de courir sans jamais le rattraper !

Ce temps qui nous permet de (re) vivre, de (re)prendre conscience de qui on est, de nous recentrer.

Ce temps qui fait du bien aux enfants.

Ce temps qui nous permet de savourer ce qu’on a … et que d’autres peuvent ne pas avoir.

Ce temps, capital pour prendre les bonnes décisions quand elles sont difficiles.

Ce temps qu’il nous devient possible d’allouer à de nouvelles priorités : pour les nôtres, pour les enfants, pour méditer, pour prier, pour des activités délaissées, pour de nouveaux centres d’intérêt, pour l’offrir aux voisins, aux TPE en mal de main d’œuvre, aux associations…

Ce temps qui est tout simplement possible de savourer pour la seule valeur de ce qu’il est.

Ce temps qui nous permet de retrouver le fondement de notre humanité.

Ce temps qui nous rappelle notre condition mortelle.


Qu’en sera-t-il pour la suite ? Saurons-nous continuer à le préserver pour être nous-même, librement et non plus contraints et forcés ? Saurons-nous lui donner la valeur qu’il mérite ?


« On prend conscience de façon brutale que le temps- notre seule richesse après tout- nous est compté. La seule chose qu’il faudrait, c’est baser la valeur des choses sur le temps. Pas l’or ni le pétrole, seulement le temps et ce qu’on fait »



* Les femmes savourent visiblement d’autant mieux ce « temps cadeau », car elles sont plus nombreuses à souffrir de cette course contre la montre, cumulant plus souvent que les hommes des responsabilités multiples : métier, mère de famille, gestionnaire du foyer… sans compter le temps qu’elles doivent trouver pour rester attrayantes, coiffées et maquillées !

 

2 - CONSOMMATION

« Apprendre à consommer avec modération. Tout, et pas uniquement l’alcool »

Grand enseignement de cette étude, la consommation telle qu’elle s’inscrit dans notre système économique actuel est très massivement remise en question. En effet plus de la moitié des personnes ayant participé à l’étude a abordé ce thème spontanément et non sur sollicitation.

Pour nous institut, cela montre une  préoccupation très significative vis à vis de notre consommation.


Privilégier le bien-être et non le profit


Le temps devenant une valeur en soi, la notion de profit économique est logiquement remise en question. La reconsidération du temps comme valeur fondamentale, le recentrage sur des valeurs non marchandes, le plaisir des valeurs simples retrouvées, les peurs (sanitaire, économique), la sensation d’urgence écologique sont des facteurs qui tendent à conforter les déclaratifs nombreux d’intention de dé consommation.


Le poids de l’action individuelle

En outre, la prise de conscience que l’action individuelle possède un réel pouvoir pour la collectivité –puisque c’est bien l’action individuelle de confinement qui permet de contrôler l’épidémie – gagne en crédibilité et en force : l’action individuelle n’est pas vaine, inutile, perdue dans la masse des actions qui vont à l’encontre de la mienne. L’action individuelle peut changer la donne. Cette prise de conscience de fond tendra probablement à faire perdurer cette nouvelle vision de la consommation. 


Repenser la consommation !

Diminuer la consommation, consommer différemment, vivre avec peu, ne plus être dans l’abondance, privilégier l’être et pas l’avoir, privilégier l’essentiel plutôt que le futile, consommer local, consommer « social », consommer éthique…  Ces principes ne sont plus l’apanage d’une minorité déjà engagée sur le chemin de la décroissance mais deviennent beaucoup plus largement partagés.


Le niveau de vie observé pendant la période de confinement, centré autour du confort de base et de l’alimentaire se révèle tout à fait satisfaisant pour la très grande majorité des participants. L’aspiration à plus de solidarité – pour la quasi-totalité des personnes ayant répondu –   joue dans le même sens : si je consomme, que cela soit fait dans un sens plus juste, avec le sentiment de partager y compris dans l’acte d’achat (préserver les emplois et l’économie en France ou en Europe d’une part, préserver les ressources de la planète d’autre part)


Logiquement, le « local » est plébiscité tant pour préserver l’agriculture ou l’industrie de notre pays que par respect des personnes qui travaillent pour ces secteurs. Ce respect nouveau pour toutes ces professions s’inscrit dans la droite ligne de la prise de conscience de la valeur des métiers de la santé ou de la logistique pendant la période de confinement.


Consommation raisonnée : une tendance durable dans le temps ?

Ce consommer local plus ou moins militant a d’autant plus de chance de s’affirmer qu’il est compatible avec le respect de l’environnement.

En outre, chacun découvre non seulement que ce fonctionnement est possible mais surtout – et c’est important pour pérenniser les attitudes- qu’il y trouve du plaisir. Au-delà de la simple déclaration, le fait d’avoir expérimenté au quotidien pendant de nombreuses semaines un mode de vie et d’y avoir pris plaisir permet d’anticiper une vague de fond dans le sens.


En ce sens, le Covid 19 sonne comme un avertissement sur nos modes de fonctionnement qu’il est impératif de changer…


Quelques extraits de verbatim où vous vous reconnaitrez peut être!


« Il est important de s’interroger sur sa consommation. Chaque goutte d’eau compte, chaque action individuelle compte… »


« Je crois en tous cas que l’entraide et les échanges locaux plutôt que multinationaux vont devoir guider nos conduites à venir »


« J’ai modifié ma façon de consommer pendant le confinement et je compte bien la faire durer après le confinement : 2 repas par jour au lieu de 3, faire ma propre lessive, continuer à trier mes déchets, éviter le superflu, prendre le temps de bien faire les choses, profiter de l’instant présent, consommer des produits d’origine française »


« Il faut arrêter d’avoir envie de tout, tout le temps, tout de suite, toujours plus »


« L’importance de faire au lieu d’acheter tout fait, de s’apercevoir que nos besoins sont bien moindres que ce qu’on nous fait croire… »


« L'expérience de dé consommation brutale est hyper positive : on n'achète plus rien à part le nécessaire, on n'a pas trop le choix, mais ne pas avoir le choix est en fait extrêmement confortable. Cela me fait penser que j'accepterai sans AUCUNE difficulté des législations contraignantes limitant ma liberté de consommer pour des raisons écologiques, par exemple »


« La situation sonne comme un avertissement. Elle nous force à réfléchir.… Avec une réflexion sur la surproduction et la surconsommation, le tout à bas coûts, la juste rémunération du travail, les inégalités sociales, notre système de santé. »


« Il faut absolument que la surconsommation cesse »

 

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